ARTISTES
Daniel COURNOYER
Comédien et administrateur
Né à Edmonton, le 9 février 1967
La famille de Daniel aime les arts. À tel point que chez lui, quand il était enfant, c’était l’opéra tous les samedis. « On a même une légende familiale », explique-t-il. « Tous les 31 octobre, on allait tous à l’opéra plutôt que de passer l’Halloween! »
C’est à l’école secondaire J.H. Picard qu’il découvre sa passion. « Je n’étais pas particulièrement bon à l’école, mais j’avais un professeur formidable : Gilles Denis. Il m’a donné le goût du théâtre, et m’a fait sentir que j’étais à ma place. » Il change d’école et se retrouve à St-Joseph sur la rive Nord d’Edmonton. « À Saint-Joe’s, à l’époque, il y avait un programme d’art comparable à celui de Vic (Victoria School for the Performing Arts). Au fond de l’école, il y avait un centre d’art ou je me tenais tout le temps. » Il est bien convaincu qu’il doit devenir artiste. « Comme dans toutes les écoles, il y avait un orienteur. Quand je l’ai rencontré, il m’a demandé : qu’est-ce que tu veux faire dans la vie? Et je lui ai répondu : je veux être comédien. Et il m’a dit : d’accord; mais sérieusement, quelle carrière veux-tu choisir? Et je lui ai répété : je veux être comédien. » En riant, Daniel me confie qu’à l’époque, choisir une carrière en théâtre en Alberta, ce n’était pas très bien vu, et il n’y avait pas beaucoup de débouchés.
Il s’inscrit au collège Grant MacEwan, à Edmonton, et obtient un diplôme en Theatre Arts (1989) et un autre en Arts and Cultural Management en 1992. C’est sur cette double spécialisation que s’appuiera sa carrière professionnelle. En effet, la même année, il devient directeur administratif de L’UniThéâtre, la nouvelle compagnie née de la fusion du Théâtre français d’Edmonton, de la Boite à Popicos et du Théâtre du coyote. Daniel forme une équipe avec Guylaine Normandin, qui agit en tant que directrice artistique.
En 1996, à la suite du départ de Guylaine, il assume seul le rôle de directeur artistique et général de la compagnie. Cette année-là, il obtient également un certificat en administration des arts et de la culture du Banff Centre for Business. Il consacrera plus de 19 ans à L’UniThéâtre, montera plus d’une cinquantaine de productions, et appuiera le développement d’une dramaturgie proprement albertaine, avec des pièces comme Cow-Boy Poétré (Ken Brown, Laurier Gareau, Daniel Cournoyer) ou Fort Mac, de Marc Prescott, montée en 2007.
Daniel évolue également dans le monde associatif. Il est tour à tour président de l’Association des théâtres francophones du Canada (1999-2001), Président du Regroupement artistique francophone de l’Alberta, le RAFA (2005-2007) et président depuis 2008 de la Professional Arts Coalition of Edmonton (PACE).
En 2012, Daniel a besoin d’un nouveau défi. « Quand tu y penses », explique-t-il, « il n’y avait que onze postes comme le mien dans tout le Canada. » Fort de son expérience en développement et administration de projets – chaque pièce de théâtre, chaque événement culturel est en soi un projet – Daniel quitte L’UniThéâtre pour assumer la direction de La Cité francophone d’Edmonton.
Il ne s’agit pas seulement de gérer un édifice, ce qui constitue déjà un défi en soi; il faut créer un lieu qui appuie le développement des organismes communautaires, qui renforce la présence et le rayonnement de la francophonie d’Edmonton, tout en assurant un équilibre budgétaire pour ne pas mettre en danger la survie de la Cité, le navire de proue des francophones de la ville.
Non seulement est-ce que Daniel réussit son pari, mais il met également sur pied de nouvelles initiatives remarquable. Le Café bicyclette en est un bon exemple. À son arrivée à la Cité, les restaurant bat de l’aile et les propriétaires se succèdent sans réussir à stabiliser le commerce. Daniel le prend en main, et en quelques années, en fait l’un des cafés les plus intéressants de la ville, et qui possède de loin la plus belle terrasse extérieure, fréquentée autant l’hiver que l’été. À travers la création du Centre communautaire d’Edmonton, un organisme voué à la promotion de la culture francophone, Daniel lance son initiative la plus remarquable : le festival Flying Canoë Volant. Chaque année, ce festival d’hiver, qui marie les héritages francophones, Métis et autochtones de la ville, reçoit plus 60 mille visiteurs en 3 jours. « C’est une façon de célébrer nos trois groupes minoritaires par une longue nuit d’hiver », explique Daniel.
Et promouvoir la présence francophone est son objectif principal. C’est pourquoi il travaille sans relâche à développer des initiatives avec des ministères et des bailleurs de fond, pour solidifier les acquis. « Au fond, dit-il, ce qu’il faut faire, c’est bâtir la pérennité de ce qu’on fait, et de s’assurer qu’elle ne dépende pas d’un seul individu. »
