ARTISTES

Gilles DENIS

Homme de théâtre
Né le 23 octobre 1948, à Montréal, QC

Gilles DENIS

Gilles Denis naît à Montréal. Toutefois, dès l’âge de trois ans, il habite avec sa famille à Zenon Park, petit village francophone du nord-est de la Saskatchewan. Tout se passe en français chez Gilles avec ses parents Maurice et Marie-Anne (LeBras) Denis ainsi qu’à l’école locale où tous les cours sont en français. Arrivé à la troisième année scolaire, Gilles est initié à l’anglais, car sa famille déménage à Carrot River, à 23 milles au nord de Zenon Park. Puis, il étudie au Collège Mathieu de Gravelbourg jusqu’à sa 11e année scolaire. La famille déménage à Edmonton et Gilles poursuit ses études au Collège Saint-Jean en tant qu’étudiant externe. Gilles habite à Edmonton/Sherwood Park depuis lors.

Dès son enfance, Gilles Denis aime le théâtre et, en 11e année, au Collège Mathieu, il joue dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière. « J’ai adoré l’expérience… En quittant la scène, j’ai entendu un des prêtres-enseignants dire à un autre à mon sujet : ‘Y’est bon le petit maudit’. Il n’a jamais su que j’avais entendu ses remarques, mais ça m’a touché et inspiré à vouloir faire du théâtre… Comme enseignant, j’ai donc accidentellement dit à haute voix des compliments à l’égard d’élèves qui avaient besoin d’entendre du positif à leur égard. J’ai possiblement fait cela une dizaine de fois au cours de ma carrière  » De fait, ce sont les prêtres-enseignants qui ont donné le goût de l’enseignement à Gilles : « Ils m’ont impressionné par leur dévouement, leur sens de l’humour et leur courage. » Ce sont les modèles que Gilles a émulés tout au long de sa carrière de 35 ans en enseignement. « J’espère que j’ai réussi à inspirer mes élèves comme mes enseignants nous inspiraient. » Éducateur de formation, Gilles Denis mène une double carrière d’enseignant et de comédien.

Gilles Denis enseigne surtout l’art dramatique et l’éducation physique. Pas étonnant que ce soit les matières qu’on lui confie, car il a tout un répertoire dans lequel puiser de l’inspiration. Par exemple, son frère Paul et lui sont fans de Marcel Marceau et de Red Skelton, au point d’étudier les moindres détails de leurs performances. « Ensemble, on a présenté des spectacles de mime de tout près de 40 minutes sans dire un mot. En 1974, on a même représenté l’Alberta à la Super Francofête tenue sur les plaines d’Abraham à Québec, festival international de la jeunesse francophone du monde avec des représentants de 25 pays. » 

Gilles Denis étudie un an à l’Université Laval en théâtre et en cinéma. Par après, il est accepté à l’É2cole Au Carré, en France, afin de poursuivre ses études de clown. Toutefois, il hésite à s’exiler, et choisit, après mûre réflexion, de travailler avec Suzette Lagacé-Aubin, fondatrice de la Boîte à Popicos, un théâtre francophone pour enfants à Edmonton.

De plus, Gilles étudie avec Jan Henderson de l’Université de l’Alberta. C’est sous sa tutelle que le mordu de théâtre crée un personnage bien à lui : Ayoye, un clown. Il le présente comme suit : « Le clown est une extension de soi. Ayoye avait un grand sens de la justice; il voulait aussi partager sa joie de vivre. Il avait de nombreux “Band-Aids” de toutes les tailles dans son sac. Ayoye n’hésitait jamais à placer un “Band-Aid” sur les blessures physiques ou émotionnelles des gens qu’il rencontrait. Même une branche d’arbre en état douteux recevait son aide. » Gilles Denis reconnaît également l’aide précieuse qu’il reçoit de Maureen Rooney de Rooney and Punyi Productions, alors que celle-ci travaille avec ses élèves de l’École J.H. Picard en tant qu’artiste en résidence. « France Levasseur-Ouimet m’a aussi beaucoup aidé dans mes premières grandes productions à Picard. Sans elle, je n’aurais jamais osé de si grands défis… Les arts industriels ont construit les décors, les arts ménagers les costumes et le maquillage tandis que les classes de littérature ont étudié le texte. »

Gilles Denis crée son deuxième clown, le Docteur Bien-être, alors qu’il est consultant auprès des écoles francophones du Conseil scolaire Centre-Nord après sa prise de retraite des Écoles catholiques d’Edmonton. « Je travaillais pour le Projet Espoir qui offrait des services de promotion du bien-être en santé mentale. Ce “médecin” clown visitait les classes et participait aux conférences sur la santé mentale offertes par le Projet Espoir. »

À la retraite, Gilles Denis estime qu’après avoir donné le goût du théâtre à de nombreux jeunes, c’est maintenant à son tour de jouer. Depuis plus de dix ans, il collabore avec André Roy et France Levasseur-Ouimet dans Les Productions du Garage. « France nous écrit de belles pièces que nous jouons en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. » Gilles estime que le théâtre permet aux aînés de demeurer pertinents en partageant des messages d’espoir à des auditoires d’aînés : la possibilité de vieillir avec dignité et avec un sens de pertinence. « Nous n’avons pas besoin d’être invisibles. »

 « Je suis avant tout un éducateur, un papa, un grand-papa et un mari…et un humble artiste. »

Dans Plus d’un siècle sur scène!, Gilles Denis confie ceci : « Plusieurs de mes élèves font du théâtre aujourd’hui. Je suis fier d’avoir contribué à la relève chez les comédiens et chez les spectateurs. » Ça, c’est en 2002. 

Loin d’être invisible, Gilles Denis continue de se produire sur les planches plus de vingt ans plus tard avec son ami de longue date, André Roy. Dans une création théâtrale qui les définit bien, ils jouent dans Il était une fois Delmas, Sask…mais pas deux fois, un projet de théâtre d’André Roy qui parle d’assimilation et du rôle des Églises dans ce phénomène : «  la messe dite en anglais, l’exhortation aux familles nombreuses et l’appui à l’exogamie ». À l’avis d’André, « l’Église a abdiqué son rôle ». Gilles est ravi d’interpréter les personnages évoqués par André. « C’est un privilège de partager la scène avec André. »

En 2021, on voit Gilles et André dans le cadre du Festival Fringe d’Edmonton dans Everything is Beautiful, la version anglaise de Prends mes yeux, tu vas voir de France Levasseur-Ouimet. Ils font salle comble chaque soir.  Depuis, les compères ont présenté la pièce plus d’une trentaine de fois, en français ou en anglais, dans des résidences pour personnes âgées de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Québec. 

De plus, Gilles passe ses hivers à Yuma en Arizona où, avec une collègue enseignante d’art dramatique à la retraite de la Saskatchewan, ils montent des pièces et font des activités théâtrales pour les résidents du camping. 

Gilles Denis veut qu’on retienne qu’il s’efforce de voir le bon et les bonnes intentions des gens qu’il rencontre, et qu’il fait toujours de son mieux pour partager sa joie de vivre et promouvoir le respect et l’esprit de collaboration. C’est mission accomplie!

Fermer menu