ARTISTES
Patricia LORTIE
Artiste multidisciplinaire
Née en 1967 à Jonquière, au Québec
Née en 1967 à Jonquière, au Québec, Patricia Lortie a grandi à Brossard en banlieue de Montréal. Patricia est une artiste visuelle établie à Calgary depuis 1995. Sa pratique multidisciplinaire englobe l’installation, la sculpture, la céramique, la vidéo et les projets participatifs. Depuis plus de vingt-cinq ans, elle développe une œuvre qui explore les liens entre mémoire, territoire, communauté et expérience vécue.
Quand Patricia entreprend une peinture, une sculpture, une installation ou un projet communautaire, son art est fortement influencé par la nature, spécifiquement la forêt et l’eau. Dès l’enfance, libre de courir la campagne, elle s’est ouverte au monde, à la recherche d’aventures et d’expression personnelle. L’eau, la forêt, les cycles naturels et les notions de passage traversent son travail comme des forces vivantes qui relient l’intime au collectif.
Au fil des années, sa pratique a évolué de la peinture vers des formes de plus en plus spatiales et expérientielles. Si ses premières œuvres s’intéressent à la transformation poétique du paysage, son travail actuel cherche à créer des espaces de contemplation, de réflexion et de connexion. Elle conçoit l’art comme une expérience partagée capable d’accueillir la mémoire, le deuil, l’émerveillement et la présence.
Ses installations récentes invitent les visiteurs à ralentir, à s’engager physiquement dans l’œuvre et à participer à une forme de rituel contemporain. À travers des matériaux tels que la céramique, le carton recyclé, le son, la lumière et la vidéo, elle construit des environnements sensibles qui interrogent notre relation au vivant, au temps et à l’appartenance.
En 2020 avec Les Gardiens/The Keepers Patricia est vraiment sortie de sa zone de confort avec la création d’une installation sculpturale. Cette réinterprétation de la forêt est « une réflexion visuelle et une métaphore sur la relation entre l’identité collective et individuelle ». Au cours d’une résidence d’artiste au KO Arts Centre près de Calgary, elle a développé une technique originale en construisant ses arbres avec du carton recyclé. L’installation est accompagnée d’une vidéo qui projette sur les arbres ces mêmes silhouettes de l’abstraction organique, passage éphémère des humains dans l’environnement forestier. L’exposition inaugurale a eu lieu au CAVA (Centre d’art visuel de l’Alberta) à l’été 2021 dans le cadre de l’exposition de groupe Présence des femme (organisée par la commissaire Sabine Lecorre-Moore et réunissant les artistes Anne Brochu Lambert, Patricia Lortie, Josée Thibeault, Michèle Mackasey, Laura St. Pierre, Virginie Hamel et Marie-Hélène Comeau.)
La formation artistique de Patricia inclut deux ans en design industriel à l’Université de Montréal, un apprentissage “fondateur” pour elle. Et, au fil de ses besoins créatifs, elle a acquis d’autres techniques. Ainsi, pour préparer deux sculptures jumelées, Dare to Dream, exposées à Vancouver dans le cadre des Jeux olympiques d’hiver de 2010, elle a suivi un cours de soudure au collège Red Deer et, avec une artiste de Calgary, un atelier de moulage de verre. En incorporant dans ses sculptures de bronze et de verre les aspirations de plus de cinq cents individus, leurs rêves réalisés ou non, le but de l’artiste était de réitérer ce que nous avons en commun.
Autres projets marquants : Skiff (2026), une rivière de bateaux de céramique qui évoque les thèmes du passage, de la mémoire et de la transmission; Liquid Abstract/Abstrait Liquide (2022-2026), une série de toiles abstraites grand format inspirées par l’eau en mouvement; ainsi que The Forest Said : The Water Knows Your Name/ La Forêt Dis Que L’Eau Connaît Ton Nom (2026), une installation monumentale qui transforme l’espace d’exposition en lieu de rencontre entre paysage intérieur et monde naturel.
Elle expose en solo et en groupe, entre autres avec le Collectif Devenir, (qu’elle a co-fondé en 2016 avec Karen Blanchet, Doris Charest, Sabine Lecorre-Moore et Danièle Petit) dans les galeries publiques dans l’ouest canadien. En mars 2027 : une première exposition muséale à la Galerie Yuill Family au musée Medalta à Medicine Hat.
Depuis 2020, Patricia collabore avec Tall Feathers, une organisation qui réunit des aînés de la Nation Piikani et des artistes pour offrir des événements artistiques dans l’esprit de Vérité et Réconciliation. Leur projet Lost Children propose un espace de commémoration et de guérison inspiré par les histoires des enfants autochtones disparus dans le système des pensionnats. Développé en collaboration avec des gardiens du savoir, des aînés et des membres de la communauté, ce projet témoigne de l’importance croissante qu’occupe l’écoute, la collaboration et la responsabilité relationnelle dans sa pratique.
Parallèlement à sa production artistique, Patricia s’investit depuis de nombreuses années dans le développement communautaire par les arts, notamment à travers des projets collaboratifs, du mentorat, des ateliers et des activités de médiation culturelle. Elle considère ces échanges comme une extension essentielle de sa pratique artistique et de sa réflexion sur les liens qui unissent les individus à leur environnement et les uns aux autres.
Donc, pour l’artiste, autant que son travail, l’interaction avec le public demeure vitale, non seulement sous forme de projets d’art communautaire, mais aussi en offrant des ateliers aux enfants et aux adultes et des camps d’été en pleine nature. « C’est un engagement de communauté », explique Patricia, « qui me fait sortir de mon studio. J’aime beaucoup les gens et de tels projets les invitent dans un processus de création. Cela diversifie aussi mes sources d’inspiration. »
